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Pensez « Printemps »

Un petit Monsieur méprisant
Venait d’être élu Président.
Il nous faisait des remontrances
Il allait réformer la France,
Mandaté par les financiers,
Ceux qui, à grand coup de millions
Influencent les élections
Pour pouvoir encor se gaver.

Ils avaient dû baisser le front
Juste après la Libération,
Quarante six, quand les nantis
Furent obligés d’accepter :
Des milittants ont gourverné !
Ils ne se sont jamais remis
D’avoir dû, un jour, laisser faire
Ces va-nu-pieds, ces prolétaires.

Les voraces de la finance.
Qui avaient relevé la tête,
S’acharnaient à piller la France,
Reprenant toutes nos conquêtes !
Enfin, l’œuvre du C.N.R.
Entièrement jetée à terre !
Ils l’avaient choisi pour cela,
Et l’avaient fait « Chef de l’Etat ».

Alors le nouveau Président
Remit en cause les accords
Ecrits il y a très longtemps,
Au prix de douleurs et de morts.
Puis il a dit : « Pensez Printemps ! »
Pendant u’il cassait violemment
Le droit du travail, la Sécu,
Et des cheminots, le statut.

Oui le papier était jauni,
L’encre passée, un peu ternie,
Mais ça se voyait nettement,
C’était écrit avec du sang !
Du sang remonté de la mine,
Du sang descendu des collines.
Et le notre n’a fait qu’un tour,
Cherchant une issue de secours !

Là, on a croisé le Printemps,
C’était un printemps un peu vieux,
C’était un printemps malicieux,
C’était un printemps virulent !
À chacun, il nous murmurait
Souviens-toi de ce mois de Mai !
Arrêtes de baisser le front,
Repenses à la Libération

« La Sécu », c’était du sérieux !
On l’avait réorganisée,
Et puis on l’avait fait sans eux,
C’est pour ça qu’ils nous l’ont cassée.
Pour s’en mettre encor plein les poches,
Ils n’ont que ça, dans leurs caboches.
Il faut leur dire « ça suffit,
Dégagez, la fête est finie !

Et oui, fini de se goinfrer,
Fini de tout accaparer,
Fini de saloper la terre,
De s’engraisser de la misère !
Oui, c’est le retour du printemps,
Du printemps d’il y a cinquante ans,

Pour le retour des jours heureux !
Allez ! Debout ! Les partageux ! »

mars, avril 2018.

Un autre poème engagé :

23 août.  (journée internationale de la mémoire de la traite négrière.)

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à ANNE-MARIE (sonnet)

Pour Anne-Marie Moulinier-Quillard, la femme de YOS,
en conclusion du spectacle « venez donc prendre un vers ».

C’est par elle que tout commence,
Elle a choisi les ingrédients,
Les a mélangés savament
Pour que l’on finisse à « Ma France »

 

Il lui fallut de la patience
Pour gérer les deux garnements
Qui vous saluent en ce moment.
Et puis de la persévérence !

 

Tantôt enjouée, ou mutine,Si la lumière est sa cuisine
Elle signe la mise en scène

 

Pour ce qui est de la recette,
C’est son grand chapeau qui vous guètte,
En espérant quelques mécènes.

Octobre 2017.

 

23 août

Journée internationale de la mémoire de la traite négrière.

Avez-vous contemplé à Bordeaux ou à Nantes,
Dans tous les beaux quartiers situés près de l’eau

Les signes de fortune extraite des bateaux,
Ces dentelles de fer, arabesques charmantes
Mais où le vent marin hurle son épouvante
Aux balcons ouvragés que l’on trouve si beaux.

Il fallait s’afficher, montrer l’or amassé,
Dans votre aveuglement, c’est bien votre arrogance
Qui vous a fait choisir, en signe d’opulence
Ce symbole maudit de votre indignité !
Ces fers vous avaient-ils servis à arrimer
Vos tristes cargaisons de pleurs et de souffrances !

Et pendant ce temps là, vous aviez proclamé
« Les hommes naissent libres et tous, égaux en droits ! »
« Quoi, libres ? » Disiez-vous, ?« Tous ? Oui, mais pas ceux-là ! »
Ni ceux venus d’ailleurs, ni les déshérités.
Vous avez ajouté, plus tard, « Fraternité »
Mais les femmes non plus, pour vous, ne comptaient pas !

Un seul s’était dressé, face à vous, inflexible,
Il avait fustigé tout haut l’hypocrisie
Dont vous aviez usé dans cette parodie
Oui, c’était Robespierre, c’était l’incorruptible
Parlant au nom du Peuple et du droit intangible
Celui que vous couvrez, depuis, de calomnies.

Vos mots n’étaient-ils donc que slogan de façade ?
Des mots jetés en l’air ? Lancés sans y penser ?
Ou plutôt, je le crois, des mots pour mieux tromper.
Votre belle devise est une mascarade !
A tous les délaissés, tous les « restés en rade »
Il serait temps, enfin, quelle soit appliquée.

Et il faudrait en plus que tous soient résignés
Que pas un ne proteste ou se plaigne tout haut
Quand vous nous imposez vos dogmes libéraux !
De quelle déchéance vouliez-vous donc parler
A ces gens, trop souvent, à peine tolérés ?
C’est leurs fers que je vois aux balcons près de l’eau !

Août, septembre 2017

Un autre poème engagé : Une minute de silence