Archives pour la catégorie de 1994 et +

Cocktail printanier

A l’abri du genet touffu,
Se tint en secret la soirée
Réunissant la gente ailée
Fêtant le printemps revenu.

Pour se distinguer le pinson
Avait son costume marron,
Et le joyeux martin-pêcheur
Sa belle chemise en couleurs.

La pie était en grand habit,
Et le corbeau en queue de pie.
Seul, le petit roitelet,
N’avait pas trouvé de complet !

La grive en robe de velours
Riait de ses pauvres atours !
Alors, à la chipie j’ai pris
Une plume, et … depuis, … j’écris !

Septembre 1994, Août 2008, Mai 2014.

Le rêve.

Me promenant dans la rue,
Je trouve un rêve perdu,
Je suis allé le porter
Bureau des objets trouvés,
Mais quand je suis arrivé
J’ai cru qu’il était cassé ;
Car il s’était entrouvert,
C’est d’être tombé par terre.

Tango
Phraser en rythme

Dedans, j’ai vu un gros crapaud
Qui avait un joli chapeau,
Et qui dansait un beau tango
En levant la patte très haut.

Valse

Et j’ai vu une libellule,
Perchée tout en haut d’une bulle,
Qui trottinait comme une mule
Dans son habit de funambule.

+ vite

Et tournant comme une toupie
En poussant de tout petits cris,
J’ai reconnu la chauve-souris
Moulée dans son tutu tout gris.

Cancan

J’ai vu un très vieil éléphant
Très gros, très gris et très très grand,
Et qui dansait allègrement
Comme une sorte de cancan.

Samba

Une école de capoeira
Qui arrivait de Bahia,
Un carnaval d’animaux
Qui descendait vers Rio.

« C’est un rêve de ballet,
Avec un air de samba »,

« C’est un rêve de balai
Avec un air de Sabbat »
A compris la préposée
Qui aussitôt a crié :
« C’est un rêve de sorcière,
Vite, allumons la lumière ! »

Mais cela m’a réveillé !
Et tout s’est évaporé….

Septembre 1994, août 2008, décembre 2015.

Conte provençal.

Dracula, qui aimait le sang,
Avait goûté des p’tits enfants.
Comme le plat lui avait plu,
Il en mangeait de plus en plus.

Jusqu’au jour où, près d’Avignon,
Il voulut croquer un garçon ;
Qui, comme tous en ce pays,
Était vif et tout plein d’esprit.

Se voyant saisi, l’angelot
Plongea pour éviter les crocs.
Et comme il était tout petit,
Dans la bouche, il se rétablit.

Puis n’écoutant que son courage,
Il se jeta dans l’œsophage,
Il s’y jeta les pieds devant,
Comme dans un grand toboggan !

Lorsqu’il tomba dans l’estomac,
Dracula crut à un coup bas,
Il est vrai qu’il tombait de haut,
Le déluré petit marmot !

Sur ses pieds aussitôt remis
Sautât et fit un vrai chahut,
Ce fût un tel tohu-bohu
Que Dracula s’évanouit !

Pendant qu’il était allongé,
Le gamin n’eut plus qu’à ramper
Par le chemin qu’il avait pris,
Et il regagna la sortie.
Mais en bon petit provençal
Se mit à chercher une idée
Protégeant son pays natal
D’une telle voracité.

Dans un champs voisin il trouva
Des têtes d’ail et les tressa
Puis il revint les attacher
Aux dents du monstre couché.

Dracula revenant à lui,
Sans avoir repris ses esprits
Mâchouilla machinalement
Ce qu’il avait entre les dents.

Ici tout le monde sait bien,
A l’exception des Parisiens,
Que pour manger l’ail écrasé,
Il faut quand même être habitué !

Dracula n’a pas supporté !
Le voilà qui se carapate,
Et de la Provence aux Carpates,
Il a couru sans s’arrêter !

Comme il risquait de revenir,
C’est très rancunier, le vampire,
Il aurait pu suivre l’odeur
De l’ail jusqu’au petit farceur !

Quelqu’un a eu une autre idée,
Et pour égarer Dracula
On mit de l’ail dans tous les plats !
Et la tradition est restée.

Septembre 1994, août 2008

Ton cinéma.

Le cœur en bandoulière,
L’amour entre les dents,
Cachée dans la lumière
Tu choisi tes amants,
Dans les boîtes de nuit,
Tu t’organise des safaris.

Refrain : Et tu te mets du rouge et tu te mets du bleu,
Et tu mets ton rimmel, c’est de la poudre aux yeux,
Et tu te fais amour image, amour mirage,
Toi ton truc, c’est certain, c’est pas le mariage !

Toi, ton restau du cœur
Il est toujours ouvert,
Tu donnes avec chaleur
Le gîte et le couvert,
Tu leur offre tes nuits
Et puis tu les oublie !

Refrain.

Tu leur joues scénario,
Casting et vidéo,
Tu leur joues grand écran
Tu les veux pour amant !
Tu leur joues féerique
Pour les mettre à ton générique.

Refrain.

Cinéma permanent,
La bal de tes amants,
Atmosphère ! Atmosphère !
Tes amours éphémères.

Tu lui dis « t’as d’beaux yeux »
Et çà y est, il tombe amoureux !

Avril 1994.

Les mots pour se battre

Accords du GATT, argent du beurre
Accords de paix, gosses qui meurent.
Mourir en traversant la rue,
Ça s’appelle une balle perdue ?

Et en direct à la télé,
Ce soir là, l’audience est montée !


Je ne veux plus fermer ma gueule !
Je ne veux plus les laisser seuls !

Sacs de riz, mains enfantines,
Se battre contre la famine,
Au Darfour ou en Éthiopie
Est-ce que c’est vraiment ça la vie ?

Plus de direct à la télé,
Et vous croyez que c’est réglé ?


Je ne veux plus fermer ma gueule !
Je ne veux plus les laisser seuls !

Cache-cach’, passer la frontière
Pour s’évader de la misère !
Le rivage est trop éloigné,
T’aurais du apprendre à nager !

Coco, resserre sur le malheur,
Et ça passera au vingt heures !


Je ne veux plus fermer ma gueule !
Je ne veux plus les laisser seuls !

Ah, j’ai vu un carton bouger !
Au pied du mur, là, à coté !
Arrête, je t’assure, ce n’est rien,
Un SDF , y’en a dans l’coin!

Ça ne passe pas à la télé,
Pourtant ça se passe à coté !


Il ne faut plus les laisser seuls !
Je ne fermerai pas ma gueule !

paroles de Jacques Bohly, mars, octobre 1994,

Un instant d’amour

Sans le savoir, je te cherchais
Ton regard a croisé mon chemin,
Ton sourire a dessiné aussi le mien,
Le bonheur, tout à coup, a surgit,
Quand tes yeux, dans mes yeux, ont dit oui.
J’ai senti que le temps s’arrêtait.

Un instant d’amour,
Beau comme un poème,
Un instant d’amour
Pour se dire je t’aime.

Premier baiser, le cœur tremblant
Première nuit, savoir comment.
Si dans l’éclat de tes yeux,
Je cherche nos lendemains,
C’est pour ton rire amoureux
Et la douceur de ta main.

Un instant d’amour,
Beau comme un poème,
Un instant d’amour
Pour se dire je t’aime.

Et nos deux corps enlacés
Garderont l’éternité …

De cet instant…

paroles de Jacques Bohly, mars 1994,
musique de Flavien Compagnon, mars 1994

Le ruban rouge (1994)

Un bout de tissus épinglé
Avait conduit jusqu’au bourreau,
Aujourd’hui un ruban croisé
A brisé les murs d’un ghetto.

Ce ruban rouge à nos poitrines,
Ce n’est pas la légion d’honneur,
Mais nous le portons comme un signe
De ralliement du coté cœur.

Toi qui te raccroches à la vie,
Si tu te sens abandonné,
Tu pourras savoir que celui
Qui le porte est à tes cotés.

Ce ruban rouge à nos poitrines,
Ce n’est pas la légion d’honneur,
Mais nous le portons comme un signe
De ralliement du coté cœur.

Si on te prive de travail,
Ou si on te jette à la rue,
Nous tisserons une muraille
De rubans pour qu’ils n’osent plus.

Ce ruban rouge à nos poitrines,
Ce n’est pas la légion d’honneur,
Mais nous le portons comme un signe
De ralliement du coté cœur.

Les médecins, les infirmières,
Ceux qui luttent dans ce combat,
Verront que nous sommes solidaires,
Tous unis contre le SIDA.

Ce ruban rouge à nos poitrines,
Ce n’est pas la légion d’honneur,
Mais nous le portons comme un signe
De ralliement du coté cœur.

Toi qui a changé de trottoir
Devant l’ami contaminé,
Accroches le pour t’en donner
La force et retournes le voir.

Ce ruban rouge à ta poitrine
Ce sera ta légion d’honneur
Portes le, tu en sera digne,
Tu laissera parler ton cœur.

paroles de Jacques Bohly, mai 1994,
musique de Flavien Compagnon, mai 1994

Danger d’amour

Avant on se mourrait d’amour
Aujourd’hui on en meurt tout court.
C’est beau, Juliette et Roméo
Faut pas qu’ça finisse à l’hosto !

refrain :
Conjugué sans préservatif,
Le verbe aimer est transmissif
Danger d’amour, laissez pas faire,
Danger d’amour, sortez couvert !

Tu crois que la trithérapie
à mis fin à l’épidémie
Fais attention car tu as tord,
D’aller flirter avec la Mort !

refrain.

Sur l’autoroute de l’enfer,
Tu pourras pas fair’ marche arrière,
Après l’péage, y pas d’sortie,
Le prix du ticket, c’est ta vie !

refrain.

Tu crois que t’es pas concerné ?
Attention, tu es en danger
Et pour les autres une menace,
Regardes donc les choses en face !

refrain.

T’es pas dans un jeu vidéo,
Ne joue pas la partie de trop !
Quand « Game Over » est affiché
C’est fini tu peux plus rejouer !

paroles de Jacques Bohly, mars 1994, octobre 2016,
musique de Flavien Compagnon, mars 1994