Archives pour la catégorie de 1964 à 1966

Tu es partie un soir.

Entre mes dents qui se resserrent,
La vie a comme un goût de cendre,
Le printemps ressemble à l’hiver
Mon cœur est toujours en décembre.

Refrain :           Tu rêvais d’un bateau et d’une île au soleil
Tu disais que l’amour, c’est pas toujours pareil
Tu es parti un soir comme on fuit la prison
Tu es parti un soir, emportant mes saisons.

Je n’ai pas su te retenir,
Tu n’a pas pu m’appartenir.
Aujourd’hui, il ne reste en moi
Qu’un peu de l’écho de ta voix.

Refrain

Le cœur gonflé de solitude,
Engluée dans mes habitudes
Je cherche à retrouver tes pas
Je cherche une trace de toi.

Refrain

Tu m’as caché le bleu du ciel
Et tu m’as privée de soleil
Pour les emporter dans ton île,
Et depuis, je suis en exil.

Mai 1994.

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Le mot de la faim.

Pour la faim dans le monde !
Pour la faim dans le monde !
Pour la faim, afin
Que le monde ne devint
Le monde de la faim !
De tout cet argent amassé,
Les gouvernements se paieront,
Et lorsqu’ils se seront servis,
Il n’y aura qu’un peu de riz
Pour nourrir tous les affamés,
Pour pouvoir mieux les exploiter.
La solution n’est pas ici,
Car ont-ils mangé aujourd’hui,
La faim demain les reprendra,
Et le monde civilisé
La conscience bien reposée,
Tout doucement s’endormira.

Ceux qui donnent cent sous,
Au nom de tous leurs proches,
Pour la fin de la faim
Mais qui ne permettraient pas le moindre reproche
Quand ils ne donnent rien
Ou qu’ils nous font les poches,
Moi, je trouve ça moche !

Octobre 1966, septembre 2014.

Le coin secret.

Deux saules, le bruit du vent,
Jouant,
Dans l’herbe des champs,
Et dans les taillis,
Des tas de petits bruits.

Un mur, un toit, une maison
Ombragée, avec un buisson.
Un petit ruisseau,
Avec son petit bruit de l’eau.

De la bruyère et des ajoncs
Avec une aubépine en fleur
Pour nous faire une haie d’honneur
Qui nous mènera jusqu’au fond
Du coin secret où est mon cœur.

Mars 1966, août 2008, septembre 2014.

L’ennui.

L’ennui s’est jeté sur mon âme,
Oui l’ennui,
Oui,
Ce monstre infâme,
Il a jeté son voile gris,
Sur ma vie.

L’ennui qui déprime les corps,
L’ennui qui nous griffe et nous mord,
L’ennui qui nous glace le cœur,
L’ennui qui ressemble au malheur.

L’ennui,
Qui revient m’envahir
Chaque fois que tu veux partir.
L’ennui,
Qui m’arrache la vie,
Dès que je suis loin de ma mie.

Février 1966, septembre 2014.

Injustice.

L’hiver est une saison grise ?
Allons, allons, vous vous moquez !
Le vent du nord nous fait la bise
Pour nous souhaiter la bonne année !

La Noël se peigne et se frise
Pour mettre en valeur sa beauté,
De grandes guirlandes de bises,
Toutes nos pommes sont léchées.

Les oreilles et le nez rouge,
Nous sommes tous de gais lurons
Et lorsque nous sortons d’un bouge,
Joyeux la semelle battons !

Prenant garde que rien ne bouge,
En cachette nous glissons,
Jusqu’à ce que monte le rouge
Depuis le menton jusqu’au front.

Janvier 1966