Une étude de l’INSEE

Voici à peu près ce que j’ai écris sur le forum du DOC obesite-87 en mars 2014, peu de temps après mon opération. J’ai fais quelques coupes et rajouté quelques mots vers la fin, mais l’esprit est le même.

A propos de la pièce « Dame Obésité », le Docteur Sodji a écrit « L’obésité est avant tout un état de mal-être dans un environnement hostile. »
et il a poursuit en disant : « Je suis persuadé que les exploits de la médecine et de la chirurgie seront vains si la société ne change pas son regard sur la personne obèse. »

Il a raison, mais je me permettrai de répondre bien modestement que ce n’est pas qu’une question de regard, Pour ma part, je suis persuadé que les choses resteront très difficiles tant que la société ne changera pas. (changer tout court).

Le contraire d’un « état de mal-être dans un environnement hostile » est ce qu’on appelle « le Buen-Vivir » en Amérique du sud et « le Bien-Vivre » ici.

Dans l’hostilité de l’environnement, n’oublions pas les cochonneries que nous font ingurgiter l’industrie agro-alimentaire, l’agriculture productiviste suicidaire à coups de nitrates et de pesticides, et aussi celles des labos pharmaceutiques. Mais n’oublions pas non plus les conditions de vie de plus en plus inhumaines et en particulier ce véritable tueur dont on ne parle pas beaucoup, le stress.

« Les couches sociales les plus élevées sont plutôt plus minces alors que les dégâts de l’obésité sont plus graves dans les couches sociales plus défavorisées. » ont constaté les sociologues.

Le numéro 1123 d’INSEE première de février 2007 a publié une étude sur l’obésité et son évolution (je rappelle que l’obésité est classée « épidémie non virale » tellement elle se développe depuis 1988.).

J’extrayais donc ces quelques lignes de cette étude  :

« Le développement des différences entre groupes sociaux se retrouve du côté des niveaux de diplôme et des niveaux de vie. En 2003, 15 % des individus sans diplôme ou ayant au plus un brevet des collèges sont obèses, tandis que seulement 5 % des diplômés du supérieur le sont.L’écart est de 10 points:il a doublé.

entre 1981 et 2003. Moins un individu est diplômé, plus il a de chances d’être obèse. Cette relation se retrouve de manière plus générale pour la corpulence : les moins diplômés sont les plus corpulents, avec des écarts plus importants dans la population féminine. Ainsi, une femme mesurant 1m63 pèsera en moyenne3,9 kg de plus si elle n’a que le brevet ou pas de diplôme et 1,2 kg de moins si elle est diplômée du supérieur par rapport à une femme de même taille, classe d’âge, niveau de vie et zone géographique mais de niveau Bac. »

L’étude montre également que l’obésité se rencontre plus chez les femmes que chez les hommes

L’auteur, Thibaut de Saint Pol, Administrateur de l’INSEE, spécialiste de l’étude des modes de vie et des inégalités sociales ne va pas plus loin dans cette étude, mais je suis sûr que le lien serait encore plus flagrant si l’étude avait porté sur le lien entre obésité et « conditions de vie » et pas seulement « niveau de vie »

Les femmes sont en effet, et de loin, soumises à des conditions de vies plus difficiles, la précarité, les temps partiels qu’on cumule mais qui n’arrivent jamais à faire un vrai boulot, avec un vrai avenir, les salaires, toujours inférieurs à travail égal, le harcèlement, moral ou sexuel, le manque d respect, de considération au travail ou ailleurs, et ce pour ceux qui ont la chance d’avoir un travail, souvent un ou des enfants qu’on assume seule et à qui on voudrait un avenir juste un peu meilleurs.

Une chose que j’ai remarqué, non pas dans les conclusions de l’étude, mais en examinant moi-même les données : Chez les jeunes femmes, la disparité était moins grande entre diplômées et non diplômées. Non pas que c’était mieux pour tout le monde, mais au contraire les femmes diplômées, en début de vie active ont à peu près la même fréquence de problèmes que les non-diplômées. Quand vous êtes une jeune femme, que vos parents n’habitent pas les beaux quartiers, même à Bac + 4 ou + 6, c’est des mois de chômage, et le premier boulot, c’est serveuse ou caissière à temps partiel ! plusieurs petits boulots qui à la fin du mois ne font jamais une paye, et toujours la question « la semaine prochaine ? le mois prochain ? etc … » Et oui, ça se lit dans les statistiques !

Pour toutes celles et ceux qui se battent contre eux-même, douloureusement, souvent sans comprendre que leur problème vient du fait qu’ils n’ont pas de boulot, pas d’avenir, qu’ils sont précaires, qu’ils n’ont pas les moyens, qu’ils sont harcelés, méprisés, etc ….
Comment ne pas rechuter tant que ces conditions de vies inhumaines restent sans espoir de changement ?

Quand par exemple vous savez qu’il faut éviter les plats cuisinés industriels, parce que l’industrie ne se prive pas d’y fourrer n’importe quoi y compris des trucs très dangereux. Vous savez qu’il faudrait les éviter, mais vous n’avez pas moyen de faire autrement, il vous reste quoi comme solution 😕 Rien, avec la culpabilité en plus !

Je suis aujourd’hui de plus en plus convaincu que l’obésité, (mais aussi le sur-poids, le tabagisme, etc ..) .sont des maladies auto-immunes provoquées par le stress qui est la conséquence d’une dominance sociale devenue inhumaine associé à une cupidité sans borne. Ce sont des maladies politiques !

A ceux qui me diraient « ne mêlons pas la politique la dedans » je répondrai : « Oh que si, sachez bien que si vous ne vous occupez pas de politique, la politique s’occupe de vous, que les lobby des labos pharmaceutiques, de l’industrie agro-alimentaire productiviste, ne font que ça, s’occuper de vous et empêcher que quiconque vienne risquer d’écorner leurs profits, et ils se foutent pas mal que certains d’entre nous y laissent leur peaux, voir même à prendre volontairement le risque de causer la mort, persuadés d’échapper à toute sanction.

Les conditions de vie dépendent dans une large mesure des choix politiques qui sont faits, biens sûr ce sont des questions nationales, mais leur déclinaison locale impacte directement notre vie à tous, et ce n’est pas vrai qu’on ne peut rien faire, nos prédécesseurs nous ont donné une arme, souvent au prix de leur sang, une arme honorable et digne, parce qu’elle permet de choisir, non pas ce qui est bien pour égoïstement pour chacun d’entre nous, mais ce qui est bien dans l’intérêt général de tous.

Cette arme c’est notre bulletin de vote.

Alors, regardez attentivement les programmes, discutez-en, ne vous laissez pas enfumer, … épluchez leur programme, mesure par mesure… Regardez ce pour quoi ils ont voté dans le passé. Et puis, quand il y en a un qui vous dira « tel texte; je ne l’ai pas voté », il vous prends pour des imbéciles. il ne l’a pas voté, il s’est abstenu ! c’est à dire que les autres avaient besoin d’être moins nombreux. Moi, j’appelle cela de la complicité.

Ces maladies du mal-être sont aussi les maladies de ceux à qui on ne permet jamais de s’exprimer, parce qu’on veut leur faire entrer dans la têtes qu’ils ne sont bons à rien, fainéants, incapables, assistés, etc … bref dociles et plus facile à tondre.

Ne vous laissez pas faire, ces gens là ne vous valent pas, ils sont incapables de concevoir qu’il existe des choses qui augmentent quand on les partage, comme l’amour, la beauté, la solidarité, le savoir.

Les maux dont vous souffrez, vous et vos proches, ils en sont responsables, pour se faire du fric sur votre dos ! Il ne faut plus les laisser faire, il faut leur dire : « maintenant, ça suffit  ! »

Alors choisissez bien, et surtout : votez !

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