L’obésité, une maladie politique.

voici ce que j’avais écrit, début mars 2014, juste avant de me faire opéré (publié sur le site pg87.fr)

L’obésité, est considérée depuis 1988 comme une « épidémie non virale » tellement l’augmentation des populations touchées et l’augmentation de la gravité des cas constatés ressemblent à la diffusion d’une maladie contagieuse.

Les caricatures le montrent, elles se sont inversées. Autrefois, dans les caricatures, les gros étaient les nantis, les banquiers, le « petit peuple » était souvent représenté « maigrichon ». Maintenant c’est l’inverse, les nantis sont sveltes et visiblement en pleine santé, ce sont les « pauvres » qui sont obèses et maladifs.

C’est d’ailleurs un fait noté par un sociologue entendu à la radio  : « Les couches sociales les plus élevées sont plutôt plus minces alors que les dégâts de l’obésité sont plus graves dans les couches sociales plus défavorisées. ». il me semble d’ailleurs que « les Pinçon-Charlot » ont fait la même constatation dans leurs travaux sociologique.

Moi qui souffre d’obésité, on m’a beaucoup parlé d’alimentation saine, équilibrée, de mauvaises habitudes alimentaires, de régimes, bien sûr cet aspect n’est abordé que très rarement, y compris chez les professionnels de la santé, et moi qui ai longtemps essayé de comprendre le pourquoi et le comment, personne ne m’a jamais parlé de politique, parce que l’approche se fait toujours à l’échelon du patient d’une part, mais aussi parce que parler de l’addiction au sucre, que les industriels utilisent en toute connaissance de cause pour rendre les consommateurs « accros » à leurs produits, surtout les jeunes consommateurs, de la même manière que les industriels du tabac rajoute des produits « accrochant » au tabac pour développer l’addiction, à des connotations « Politiques »

Même les slogans du ministère de la santé sont sous le contrôle des lobbys, le fameux « mangez 5 fruits et légumes par jour », à l’origine, ce sont les cardiologues qui souhaitent voir baisser la consommation de viande, beaucoup trop élevée en France. Mais « la filière viande » n’est pas d’accord, cela risque de faire baisser son chiffre d’affaires ! Alors on trouve cette idée : on va dire « mangez 5 fruits et légumes par jour », parce que, si les français se mettent à manger 5 fruits et légumes par jour, il y a une chance que cela les amène à manger moins de viande.

Il reste un détail : même si ils ne sont pas bios, les 5 fruits et légumes, il faut pouvoir se les payer !

Alors il y a bien sûr, les produits que nous mangeons et notre comportement alimentaire, mais il y a aussi le fonctionnement de notre corps qui peut se dérégler sous l’actions de ce que l’on appelle les perturbateurs endocriniens, mais il y a un facteur encore plus dangereux, pas toujours mentionné, c’est le stress.

le stress, portrait d’un tueur

Éviter les plats cuisinés industriels, comment faire quand on court après des petits boulots ou bien d’un temps partiel à l’autre ; ou quand les journées sont trop courtes, alors oui, on sort un truc du congélateur et ont le passe vite fait au micro-onde, surtout quand les enfants ont faim !

Éviter le stress, la déprime, quand on s’enfonce dans la précarité, qu’on n’a pas de boulot, pas d’avenir, quand on est sous la menace perpétuelle de perdre son emploi, quand les fins de mois difficiles commencent de plus en plus tôt !

Et c’est toujours la double ou la triple peine : plus on est vulnérable, moins on a les moyens de lutter !

L’obésité est un dérèglement du processus de l’alimentation, regardons où peuvent se situer les différents dysfonctionnement qui sont à l’œuvre. Il y a bien sûr, les produits que nous mangeons et notre comportement alimentaire, il y a aussi le fonctionnement de notre corps qui peut se dérégler sous l’actions de ce que l’on appelle les perturbateurs endocriniens. Mais il y a surtout un facteur encore plus dangereux, décrit dans un documentaire baptisé « le portrait d’un tueur », c’est le stress.

Cette maladie a  donc des causes multiples, chaque cas est différent et lorsque l’obésité est installée, la solution ne peut être qu’individuelle, mais lorsqu’on examine les choses d’une manière globale, il devient évident que l’obésité a des causes sociales et politiques, et même à l’échelon du patient, les conditions de vie, conséquences des choix politiques seront propices à ‘amélioration ou à l’aggravation de leur état.

(hou-hou c’est pas bien, un « scientifique » – remplacez par médecin, prof, etc … ne doit pas se mêler de politique, etc … ) bien sûr que si, il doit s’en méler, et quand il le fait c’est tout à son honneur, et de toute façon, moi, je ne suis pas médecin, je suis juste l’une des victimes. Et je remercie le Doc, parce que, en plus de tout ce qu’il fait, il nous donne la parole !

En hommage à Alain Rainais, Arte a rediffusé mercredi 5 mars 2014 le film « Mon oncle d’Amérique ». Ce film met en scène des personnages en situation de stress, et est interrompu par des scénettes jouées par des personnages à tête de souris qui en nous présentant les travaux du biologiste Henri Laborit nous expliquent les ressorts des comportements et des conséquences des situations.

Que tous ceux qui le peuvent voient ou revoient ce magnifique film pendant qu’il est accessible sur les sites de replay.,et si c’est possible, n’hésitez pas à inviter ceux qui n’auraient pas la possibilité de le faire.

Sont donc en jeux pour enrayer cette épidémie :

La qualité des produits agricoles, en disant cela, je ne jette pas la pierre aux agriculteurs, (sauf à ceux, très peu nombreux qui reçoivent encore la plus grande partie des aides de la PAC), l’agriculture qu’ils pratiquent, c’est celle qu’on leur a enseigné. On leur a dit qu’il fallait labourer, mettre des engrais chimiques, des pesticides. Puis on leur a dit qu’il fallait qu’ils s’agrandissent, qu’ils se mécanisent, avec force matraquage publicitaire pour le matériel agricole, les produits chimiques, les semences , et c’était comme ça et pas autrement car si vous voulez sortir des rails, vous n’obtiendrez pas de financement.

Aujourd’hui, plus personne ne nie l’intérêt des produits bios, sains, de saison et de provenance locale, encore faut-il pouvoir se les payer, et 5 fruits et légumes par jour, même si ils ne sont pas bio, il faut avoir les moyens !

Mais il faut également avoir conscience que le mélange de tous les résidus chimiques que nous ingérons perturbe gravement le fonctionnement normal de nos organes, y compris à de très faibles doses en agissant comme des hormones.

Maintenant tout le monde sait qu’il vaut mieux éviter les plats cuisinés industriels. Et comment faire quand on court après des petits boulots ou bien qu’on court d’un temps partiel à un autre, ou qu’on est sous la menace perpétuelle de perdre son emploi, quand les journées sont toujours trop courtes, alors oui, on sort un truc du congélateur et ont le passe au micro onde, surtout quand les enfants attendent !

Faire baisser le stress, en luttant contre la précarité sous toutes ses formes et contre les violences de tous ordre, en donnant la priorité aux plus défavorisés, ceux qui subissent la double ou la triple peine, parce qu’ils se retrouvent être les plus exposés à l’obésité et les moins capables de s’acheter les bons produits de qualité, etc … Bref mettre de l’humain d’abord.

Bien sûr, lorsque l’obésité est installée, la solution, pour chacun d’entre eux, ne pourra être qu’individuelle, même si les conditions de vie seront ou ne seront pas propice à la résolution de leurs problèmes.

Je voudrai adresser ici un message urgent à toutes celles et ceux qui souffrent de cette pathologie, ou dont les proches peuvent être touchés. Mais ce message, je voudrai aussi l’adresser à celles et ceux qui sont les plus menacés par cette maladie : les précaires, parce qu’on sait aujourd’hui que le stress est un facteur terriblement impliqué dans l’apparition de l’obésité et dans son degré de gravité., les membres des couches sociales défavorisées, et toutes celles et ceux qui ne se contentent pas de vivre sous la règle du « profite et tais toi »

Vous allez avoir une grande occasion de participer au combat contre l’obésité :

les élections municipales.

Informez-vous, lisez en détail les programmes des listes en présence, surtout les actions concrètes, et si vous trouvez une liste qui vous parle d’agir dans le bon sens, n’hésitez pas, votez pour elle.

C’était en mars 2014,

je ne vois que quelques changements mineurs à apporter :

Ce n’est plus une élection : les municipales,

il y en a deux : La présidentielles et les législatives,

Le programme l’humain d’abord a été complété,

enrichi, retravaillé, il est devenu :

phi-petitL’AVENIR EN COMMUN

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