L’envoyé des muses

J’avais ouvert la grande armoire
Où je rangeais mes souvenirs,
« Mets de l’ordre dans ta mémoire,
Tout ça ne va plus te servir. »

J’en avais étalé partout,
Les voir une dernière fois,
Ceux à qui je tenais surtout,
Tous ceux qui me parlaient de toi.

Je classais avec nostalgie
Ces petits riens de nos quinze ans,
Mes espoirs, toutes mes envies,
Mais il en fût tout autrement.

Avais-tu trouvé le bonheur,
Et qu’avais-tu fait de ta vie ?
Et si, demain ? Aurais-tu peur ?
Aurais-tu, toi aussi, envie ?

La porte, comme par magie,
Qui s’ouvre seule, à deux battants !
Irruption d’un vent de folie
Dispersant ces fragments de temps ?

Je savais te trouver ici,
M’a dit Cupidon en entrant,
Je t’ai connu bien plus fringant,
Tu écrivais des poésies !

Calliopé, pour ton silence,
T’a cédé hier à Uranie,
Désormais, offert à la science,
Tu vivras en sa compagnie !

Chargé du déménagement,
Je suis venu pour t’emporter,
Laisse toi faire gentiment,
Tu ne pourrais pas résister.

Jetant mon corps sur son épaule,
Il prit mon âme par la main,
Il avait bien grandi, le drôle,
Je l’avais connu Chérubin !

Et quand nous sommes arrivés,
Près de toi, il m’a allongé.
Avant de partir, Cupidon,
M’a donné quelques précisions.

Le chat qui vit dans le placard,
C’est pour chasser les idées noires,
Le lit sous les palétuviers,
C’est idéal, pour bien s’aimer.

Voyant que tu t’étais blottie,
Ensommeillée, contre mon corps,
Cupidon sortit sans un bruit,
Et moi, je t’ai serrée très fort.

Mars 2008, décembre 2015.

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