Pensez « Printemps »

Un petit Monsieur méprisant
Venait d’être élu Président.
Il nous faisait des remontrances
Il venait réformer la France.
Mandaté par les financiers,
Ceux qui, à grand coup de millions,
Influencent les élections
Pour pouvoir encor se gaver.

Les voraces de la finance.
Acharnés à piller la France
Venaient de relever la tête,
Attaquant toutes nos conquêtes.
Même l’œuvre du C.N.R.
Qu’ils voulaient tant jeter à terre !
Ils l’avaient choisi pour cela
Et l’avaient fait « Chef de l’état »..

Alors le nouveau Président
Remit en cause les accords
écrits il y a très longtemps,
Au prix de douleurs et de morts.
Il avait dit : « Pensez Printemps ! »
Mais là,’il cassait violemment
Le droit du travail, la Sécu
Et des cheminots, le statut.

Oui le papier était jauni,
L’encre passée, un peu ternie,
Mais ça se voyait nettement,
C’était écrit avec du sang.
Du sang remonté de la mine,
Du sang descendu des collines,
Et le notre n’a fait qu’un tour
Cherchant une issue de secours.

Mais quand son cow-boy s’est lâché,
En cognant du manifestant
Il a cru qu’il pouvait oser
Afficher ses vrais sentiments.
Il a redoublé de mépris,
« Venez me chercher », qu’il a dit,
Et le Printemps a dit « Banco »,
En mettant son gilet fluo.

En plein hiver, oui, le Printemps,
C’était un printemps un peu vieux,
C’était un printemps malicieux,
C’était un printemps virulent !
À chacun, il nous murmurait :
« Souviens-toi de ce mois de Mai !
Arrête de baisser le front,
Repense à la Libération

Et puis, il en a distribué :
« Mettez ça, vous réfléchirez ! »
Et c’est vrai qu’en réfléchissant,
Les beaux gilets fluorescents
Ayant fait que l’on soit visible,
On a vu que c’était possible !
Alors on a dit : ça suffit,
Dégagez, la fête est finie !

Fini de tout accaparer,
Et fini de nous mépriser,
Fini de saloper la terre,
De prospérer sur la misère !
Oui c’est le retour du printemps,
Ce printemps d’il y a cinquante ans,
Voyez comme il a refleuri,
Tous les ronds-points en sont jaunis,

mars, avril, décembre 2018.

Un autre poème engagé :

23 août.  (journée internationale de la mémoire de la traite négrière.)

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Pensez « Printemps » (ancienne version)

Un petit Monsieur méprisant
Venait d’être élu Président.
Il nous faisait des remontrances
Il allait réformer la France,
Mandaté par les financiers,
Ceux qui, à grand coup de millions
Influencent les élections
Pour pouvoir encor se gaver.

Ils avaient dû baisser le front
Juste après la Libération,
Quarante six, quand les nantis
Furent obligés d’accepter :
Des milittants ont gourverné !
Ils ne se sont jamais remis
D’avoir dû, un jour, laisser faire
Ces va-nu-pieds, ces prolétaires.

Les voraces de la finance.
Qui avaient relevé la tête,
S’acharnaient à piller la France,
Reprenant toutes nos conquêtes !
Enfin, l’œuvre du C.N.R.
Entièrement jetée à terre !
Ils l’avaient choisi pour cela,
Et l’avaient fait « Chef de l’Etat ».

Alors le nouveau Président
Remit en cause les accords
Ecrits il y a très longtemps,
Au prix de douleurs et de morts.
Puis il a dit : « Pensez Printemps ! »
Pendant u’il cassait violemment
Le droit du travail, la Sécu,
Et des cheminots, le statut.

Oui le papier était jauni,
L’encre passée, un peu ternie,
Mais ça se voyait nettement,
C’était écrit avec du sang !
Du sang remonté de la mine,
Du sang descendu des collines.
Et le notre n’a fait qu’un tour,
Cherchant une issue de secours !

Là, on a croisé le Printemps,
C’était un printemps un peu vieux,
C’était un printemps malicieux,
C’était un printemps virulent !
À chacun, il nous murmurait
Souviens-toi de ce mois de Mai !
Arrêtes de baisser le front,
Repenses à la Libération

« La Sécu », c’était du sérieux !
On l’avait réorganisée,
Et puis on l’avait fait sans eux,
C’est pour ça qu’ils nous l’ont cassée.
Pour s’en mettre encor plein les poches,
Ils n’ont que ça, dans leurs caboches.
Il faut leur dire « ça suffit,
Dégagez, la fête est finie !

Et oui, fini de se goinfrer,
Fini de tout accaparer,
Fini de saloper la terre,
De s’engraisser de la misère !
Oui, c’est le retour du printemps,
Du printemps d’il y a cinquante ans,

Pour le retour des jours heureux !
Allez ! Debout ! Les partageux ! »

mars, avril 2018.

Un autre poème engagé :

23 août.  (journée internationale de la mémoire de la traite négrière.)

Et Lucy aussi

sur l’air de « Félicie aussi »

C’est au fond de l’Afrique australe

Qu’elle était née, la p’tite Lucy

Comme a bouffer, y’avait que dalle,

Ils sont r’monté vers l’Éthiopie

Et là-bas se sont rapprochés

D’un groupe de déracinés.

Les nanas étaient prognathes

Ell’s avaient du poil aux pattes

Et Lucy, aussi

Elles étaient toujours à poil,

Mais c’étaient des poils téfals,

Et Lucy aussi

D’ailleurs, c’est l’origine des sans-papiers, elles n’en avaient pas besoin, puisqu’elles avaient des poils téfal, les poils qui n’attachent vraiment pas !

(le couplet suivant ne rime pas, mais c’est pour les amateurs de peintures rupestres, et c’était quand même pas la Joconde)

Ell’ montraient l’origine du monde

Surtout quand ell’ se courbaient!

Et Lucy, aussi

Le groupe était interlope,

Y’avait un pithécantrope,

Et Lucy,         aussi !

Faut dire que le pithécanthrope,

Il était grand et puis beau gosse

Elles voulaient toutes qu’il les chope

La concurrence était féroce

Pithéc, Elle l’avaient appelé,

C’était plus facile à crier !

Alors le pithécanthrope,

Elles le mâtaient, les s…

Et Lucy, Aussi!

A force de le mâter,

Tout’ voulaient se le taper

Et Lucy, Aussi!

Entre ell’ c’était «prises de bec»

Ell’ courraient après Pithec

Et Lucy Aussi!

À quat’ patt’ elles courraient,

Mais ça les handicapait

Et Lucy           Aussi !

C’est ce qui lui donna l’idée

Sur deux pattes, de se redresser !

Courir plus vite, ça avantage,

Et elle montrait ses avantages.

L’stratagème était réussi

Car le Pithec était conquis,

C’est pour ça que ses Coppens

Qui rigolaient quand y s’ pincent

L’on baptisé aussi sec

L’Australe au Pithec!

L’air du néandertalien (version courte)

2ème couplet de l’air du Brésilien

(1ère note = dernière de la p47 jusqu’à fin de l’air du Brésilient, 2ème mesure page 52)

J’suis néandertalien, j’ai d’l’os,

Comm’ tous les mecs, je m’appelle Pierre,

C’est pour ça qu’on dit « L’âge de Pierre »,

Faut pas nous prendr’ pour des boloss !

Break :

J’suis néandertalien, j’ai d’l’os,

C’est ce qui reste d’ Abondance,

Je tomb’sur vous, j’ai de la chance

On va se partager ses os!

Hourra ! Hourra ! Hourra !

Je viens de débarquer,

Aiguisez vos dentiers les potes !

Hourra ! Hourra ! Hourra !

J’apporte à vos quenottes

Son tas de nonos à ronger.

Son sac est plein,

Prenez, prenez !

Y’a des tibias, des clavicules,

Des fémurs et des mandibules,

Dites-moi ce que vous aimez !

Y en a des gros et des p’ti -i i,

Avec d’la moelle épinère,

Allez, venez mes peti – i – i!

Ne faitent pas de manière,

Mettez-vous ça sous la dent,

Pas besoin qu’elle soit dure,

Je l’ai tuée y a pas longtemps,

Je vous le ju- u-re !

Mettez-vous ça sous la dent,

Mettez-vous ça sous la dent,

Venez, venez, venez, ve-e-nez !

Papy l’embrouille

Août 2017

Génèse : Caty Bariat et Robin Hubert, qui se produisaient dans leur spectacle « Simone et Gino » dans les campings de la région m’ont demandé d’une part de venir en « Guest » en me faisant passer pour un membre de la famille venant interrompre leur spectacle, mais pour leur interprêter « Le Néandertalien » (en costume). Chose faisable mais difficile à introduire de façon plausible. Voici ce que cela a donné (pour ma partie, qui est venue se greffer dans le spectacle de Simone et Gino.

Entrée après la deuxième chanson arriver en criant

Papy : SIMONE …. SIMONE ….. HOU HOU SIMONE …. Ah t’est là, j’arrive …

il jette un vague coup d’œil aux spectateurs Je dérange pas, j’espère ?

Simone : Non non, Papy, mais tu n’es pas à la maison de retraite ?

Papy :  Ah ben, non, je me suis sauvé, j’ai fait le mur. Ah mais, y a du beau monde chez toi. à une femme : Bonjour mademoiselle, vous marinez chez vos harengs ?

Vous restez longtemps au camping ? On pourra se revoir

Simone : Hé papy, ça va pas, non ? Tu vas laisser les dames tranquilles ! Pourquoi tu as fait le mur ?

Papy : Il nous mènent la vie dure, Y a pas assez à manger, et pis c’est dégueulasse, ah oui Non, les enfants, y faut pas dire « c’est dégueulasse » Bon, c’est pas bon ! Voilà on va dire c’est pas bon… Le problème, c’est la bouffe, je veux dire la nourriture. Oui, y en a pas assez, et puis c’est pas bon !

Tous les ans, ils font des prévisions, pour savoir combien on va être, pour calculer ce qu’il faut qu’ils achètent. Et il y en a, ils avaient dit qu’il ne passeraient pas l’hiver, et bien si, ils ont passé l’hiver, mais c’était pas prévu, maintenant ils sont en surnombre, du coup ils sont bien obligés de partager. Ils ont dit que cétait tant pis pour nous, on n’avait qu’à y penser avant !

Mais en fait, ils n’achètent pas tout, il ne faut pas gâcher, alors, ils récupèrent les restes de la cantine scolaire, et l’été, les mômes y sont en vacances, alors y plus de cantine, et forcément on a moins à manger. Déjà que c’est pas bon ! Mais quand on leur a dit, ils ont dit que c’était fait exprès, pour notre bien, parce que si c’est bon, les mômes, ils mangent tout, alors que là, y a plein de restes, doc, il faudrait quand même pas qu’on se plaigne, non ? Et ben ça marche !

Alors, la nuit, on faisait un tour à la cuisine pour se faire à bouffer Non, les enfants, y faut pas dire « à bouffer», faut dire « à manger »

Simone : Pourquoi c’est pas fermée à clé la nuit ?

Papy : Ben si, mais tu me connais, moi, une porte fermée à clé, c’est une invitation à entrer !

L’autre jour, on était avec M’ame Ginette, tu sais … celle que je t’ai montré de loin quand tu es venue, tu sais toujours soignée,, bien habillée, très distinguée, tout ça…. Ma si, celle avec des cheveux violets et du rouge à lèvres orange …

Gino : Ah oui, c’est vrai on doit la distinguer de loin..

Papy : Donc avant-hier soir, on étaient avec M’ame Ginette, c’était son anniversaire, et on a voulu lui faire une petite fête, et bien figures-toi qu’ils avaient mis des cadenas partout, les frigos, les congélateurs, les placards où ils rangent les conserves, partout, des cadenas, et des gros, pas des machins de gamins  Moi, tu me connais, c’est pas pour rien qu’on m’appelle Papy l’embrouille, j’ai demandé une épingle à cheveux à M’ame Ginette, et hop, j’ai ouvert tous les cadenas ; et on a lui a fait une belle fête d’anniversaire. Et pis en plus, comme ils avaient laissé la boite avec le reste des pitons, j’ai été les visser à la porte du dirlo, et puis on lui mis tous les cadenas qu’on a refermé.

Papy : Quand il est arrivé hier matin, le dirlo, il a gueulé ! Heu, il criait! Il disait « je vais faire venir les gendarmes, ils vont trouver des empreintes, on va le retrouver celui qui a fait ça, Il faudra d’abord qu’il paye tout ce qui a disparu des placards. Bon je me suis dit qu’il n’oserai pas le faire, et puis les gendarmes, il n’ont sûrement pas que ça a faire, on est peinards. Hier soir, M’ame Ginette, elle est sortie en boîte, moi j’ai pas voulu y aller, et ce matin, juste avant 6 h, elle est passée me voir pour me montrer le cadeau que son fils lui avait apporté pour son anniversaire : une machine à remontant.

Simone : Une quoi ?

Papy : une machine à remontant, un truc on dirait un jouet de gosse, j’ai pas tout compris, mais ça doit être pour prendre un remontant, un coup à boire, quoi. Je l’ai amené, parce que où moment où j’avais ce truc dans les mains, j’ai regardé M’ame Ginette, et par dessus son épaule, j’ai vu la camionnette des gendarmes qui entrait dans la cour ! Tu te rends compte, les gendarmes, à 6 h du matin c’est une perquisition ! Alors moi, hop, demi-tour, j’ai attrapé mon sac et j’ai sauté par la fenêtre, heureusement que je suis au rez de chaussée, et puis j’ai fait le mur, il y a un endroit où on a l’habitude de grimper quand on va faire nos petites virées. Bon dis-donc, t’aurais pas un endroit pour me cacher un peu le temps que ça se calme ?

Simone : Oui, dans la tente, Papy se baisse pour entrer dans la tente , mais d’abord, tu aurais pu dire bonjour à Gino, c’est mon mari quand même !

Papy : Ah, c’est lui ton mari ! Mais, tu sais, je le connais pas, ton mari, je ne l’ai jamais vu.

Simone : Ah oui, c’est vrai, tu n’est pas venu à mon mariage !

Papy : Je t’assure, je voulais venir, mais je n’ai pas pu.

Simone : Tu aurais pu faire un effort, quand même, tu étais où ?

Papy : J’étais à la Santé, c’est le juge qui n’a pas voulu que je sorte.

Gino : Ah ben tant qu’on a la santé, ça va !

Simone : Oui, mais tu sais que je suis mariée à un musicien, tu aurais pu deviner que c’était lui, quand même !

Papy : Ah ben non, justement, je pouvais pas deviner, tu m’avais dit qu’il était beau gosse, et celui là, excuses-moi, mais il est moche comme un pou et puis on dirait qu’il a pas la lumière à tous les étages !

Simone : Tel qu’il est, il me plaît

Papy : Bon, allez, roucoule, moi je vais me cacher, à la foule : si on vous demande, vous dites que vous ne m’avez pas vu !

Simone chante : « tel qu’il est, il me plaît »

Histoire pendant l’histoire, quelques bruits.

À la fin de l’histoire : gros bruit, voix du papy : Qu’est-ce qui se passe Oh là là , je suis aspiré, au secours, au secours, au secours …

Gino va regarder dans la tente, il ouvre : Le papy, y en a plou, disparou, il a disparou le papy !

Simone crie, il est où mon papy ? … puis chanson puis gros bruit

Simone va ouvrir la tente et recule effrayée : Ah, il y a une bête . . . Elle est horrible ! Si ça se trouve, la bête, elle a mangé mon papy !

Gino : Si c’est ça, je la trouve très bien, la bête

Le néandertalien sort de la tente avec son sac et la machine, il regarde partout : Elle est où, ma caverne ? Et ils sont où les autres ? Et puis vous, vous êtes qui ?

Simone : Ben, nous aussi on voudrait savoir qui vous êtes,

Le néandertalien : Moi, c’est Pierre, et vous ?

Simone : Je m’appelle Simone, et lui c’est Gino, c’est mon mari

Le néandertalien se tourne vers les spectateurs.

Simone : Eux, je connais pas le nom de tout le monde.

Le néandertalien : Qu’est ce qu’ils font ?

Simone : Ils sont venus pour l’apéro.

Le néandertalien : ça, je connais, « l’apéro » !

Simone : Et vous sortez d’où ?

Le néandertalien montre la tente, puis, étonné : C’est quoi ? il va regarder la tente de près  : C’est votre caverne ? C’est bizarre ce truc !

Simone : Et vous avez vu, il a la machine, la machine de papy ! Qu’est-ce que vous lui avez fait, à mon papy ? Ah ! J’ai compris, c’est pas une machine à remontant, c’est une machine à remonter le temps ! Ben alors, il est où mon papy ? Enfin, je veux dire il est quand ? Dans quelle époque ? HO NON !

Dites, Monsieur Pierre, vous voulez pas retourner chez vous, je veux dire à votre époque, avec la machine, là, et puis nous renvoyer mon papy, hein ? Vous avez pas envie d’aller retrouver votre femme ?

Gino : peut être qu’il a pas envie !

Simone : Mais si qu’il a envie d’aller retrouver sa femme.

Le néandertalien montre le sac : Son sac.

Simone : Hein ?

Le néandertalien pose la machine et tends le sac à deux mains : Ma femme, c’est le sac de ma femme.

Simone sur la pointe des pieds pour regarder dans le sac : Mais, c’est un sac d’os !

Le néandertalien : Ah non, ma femme c’était pas un sac d’os !

Avec des gestes d’opulence Non, non , elle était belle, ma femme, Abondance qu’elle s’appelait.

Simone : Vous voulez dire que c’est votre femme qui est dans le sac ?

Le néandertalien : Ben oui, qui voulez-vous que ce soit ? Quand on s’est marié, elle m’a fait promettre que je ne la quitterai jamais, alors je l’emmène partout.

Simone : Ah, c’est beau l’amour, et ça fait longtemps que vous êtes ensembles ?

Le néandertalien : Hou là là  !

Simone : Ah, àa fait tellement longtemps que vous ne savez plus ?

Le néandertalien : Si je sais, ça fait Hou là là  ! Nous pour compter, on a un, plusieurs, beaucoup, Hou là là et Là, c’est trop !

Simone : Et après tant de temps, toujours amoureux, toujours fidèle ?

Le néandertalien : Ah j’ai pas dit ça ! D’abord on s’engueulait souvent, elle était très jalouse.

Simone : Si je comprends bien, vous n’étiez pas toujours fidèle, je me trompe ?

Le néandertalien : Oui, enfin non, je veux dire, c’est moi qui la trompait, mais c’était pour lui rendre service.

Simone : Comment ça ?

Le néandertalien : elle voulait devenir célèbre, qu’on parle d’elle, être une star, qu’elle disait ! Il faut dire que ça lui venait de sa grand-mère, Lucy, vous la connaissez peut-être, parce que sa grand mère, elle, elle a été célèbre. Elle était née en Afrique, mais plus bas que l’équateur, dans l’hémisphère sud, celui qu’on appelle l’hémisphère austral. Et puis un jour, elle a voulu voir ce qui se passait ailleurs, elle s’est dirigée vers le nord, après elle a rencontré un type, un immigré comme elle et c’est plus tard qu’elle est devenu célébre, c’était une artiste du music-caverne (l’ancêtre du music – hall)

chanson :

Et Lucy aussi (Félicie aussi)

C’est au fond de l’afrique australe

Qu’elle était née, la p’tite Lucy

Comme a bouffer, y’avait que dalle,

Ils sont r’monté vers l’Ethiopie

Et là-bas se sont rapprochés

D’un groupe de déracinés.

Les nanas étaient prognathes

Ell’s avaient du poil aux pattes

Et Lucy, aussi

Elles étaient toujours à poil,

Mais c’étaient des poils téfals,

Et Lucy aussi

D’ailleurs, c’est l’origine des sans-papiers, elles n’en avaient pas besoin, puisqu’elles avaient des poils téfal, les poils qui n’attachent vraiment pas !

(le couplet suivant ne rime pas, mais c’est pour les amateurs de peintures rupestres, et c’était quand même pas la Joconde)

Ell’ montraient l’origine du monde

Surtout quand ell’ se courbaient!

Et Lucy, aussi

Le groupe était interlope,

Y’avait un pitécantrope,

Et Lucy, aussi

Faut dire que le pithécanthrope,

Il était grand et puis beau gosse

Elles voulaient toutes qu’il les chope

La concurrence était féroce

Pithéc, Elle l’avaient appelé,

C’était plus facile à crier !

Alors le pithécanthrope,

Elles le mâtaient, les s…

Et Lucy, Aussi!

A force de le mâter,

Tout’ voulaient se le taper

Et Lucy, Aussi!

Entre ell’ c’était «prises de bec»

Ell’ courraient après Pithec

Et Lucy Aussi!

À quat’ patt’ elles courraient,

Mais ça les handicapait

Et Lucy Aussi !

C’est ce qui lui donna l’idée

Sur deux pattes, de se redresser !

Courir plus vite, ça avantage,

Et elle montrait ses avantages.

L’stratagème était réussi

Car le Pithec était conquis,

C’est pour ça que ses Coppens

Qui rigolaient quand y s’ pincent

L’on baptisé aussi sec

L’Australe au Pithec!

Le néandertalien : Voilà, c’est pour ça qu’elle voulait devenir célèbre, aussi célèbre que sa grand-mère. Alors oui, moi je draguais des minettes, mais c’était pour lui faire de la pub, pour lui rendre service.

Simone : Oui, mais enfin, quand même ! C’était pas une raison pour la tromper, pour lui faire porter des cornes !

Le néandertalien : Ah ben si, justement, c’était pour qu’elle soit célèbre, et j’avais réussi, tout le monde avait entendu parler des cornes d’Abondance !

Simone : Ah oui, ça vient de là, en effet !

Le néandertalien : Et puis, ça doit pas être si grave que ça, puisque maintenant, elle ne m’en parle même plus. Il parle dans le sac : Tu n’est plus fâchée ?

À Simone : Ah, vous voyez bien, elle ne dit plus rien.

Simone : Et il y a longtemps que vous avez perdu votre femme ?

Le néandertalien : Ben, je l’ai pas perdue, elle est là, dans son sac.

Simone : Je veux dire : Il y a longtemps qu’elle est morte ?

Le néandertalien : Non, j’ai pas compté.

Gino : Quand on aime, on compte pas !

Simone : Elle était malade ?

Le néandertalien : Non, c’est un accident, de chasse.

Simone : Dans la forêt ?

Le néandertalien : Non, dans la caverne, enfin chez nous, quoi.

Simone : Si c’est dans la caverne, ce n’est pas un accident de chasse !

Le néandertalien : Ben si, c’est un accident de chasse à la maison. Et puis je n’y suis pour rien, c’est de sa faute, c’est à cause de sa jalousie !

Simone : C’est ça, nous les femmes c’est toujours de notre faute, ben voyons ! Comment c’est arrivé ?

Le néandertalien : J’avais trouvé une massue d’occasion sur le bon recoin, une chouette, légère, maniable, un truc super, et je l’avais acheté. Alors mes copains, il m’avaient organisé une partie de chasse, et je préparai Il fait le geste nettoyer un fusil ma nouvelle massue, et là, elle arrive par derrière et me saute dessus. Mais vraiment, elle saute sur mon dos « Qui c’est encore celle là, tu lui as fait les yeux doux … ». Et paf, le coup est parti ! Ces massues légère, ça a la gâchette sensible ! Je lui ai dit « Tu as perdu la tête, de me sauter sur le dos quand j’ai une arme dans les mains’ ! Et bien oui, elle l’avait perdue ! (MdR) Le coup était parti, mais le sien aussi (MdR). En plus, sa tête était en train de rouler vers le bas de la caverne, j’ai dû courir après pour la rattraper !

Simone : Et alors, qu’est-ce que vous avez fait après ?

Le néandertalien : Ben après, j’ai fini les restes, faut pas gâcher ! D’ailleurs, je peux le dire maintenant, c’était une femme délicieuse. (MdR). C’était une femme de goût, vous voyez, cet ensemble, c’est elle qui me l’avait fait. Elle avait choisi du zèbre, parce que les rayures, ça amincit. Ah là là, quand j’y pense, (MdR). je me revois en train de courir après sa tête qui roulait, quand je pense au nombre de fois où elle me l’a reproché, de courir après les filles ! (MdR). Je crois que c’est ça qui l’a vexée, c’est pour ça qu’elle ne dit plus rien, ça me fait des vacances !

Simone : Je crois surtout qu’elle n’est plus en état de parler. D’ailleurs je crois même qu’elle ne va pas bien du tout.

Le néandertalien : Mais non, c’est juste parce qu’elle a la tête dans le sac. Il regarde dans le sac : tenez regardez, (il sort le pied) elle a même pris son pied !

Il regarde à nouveau dans le sac :bon, peut être qu’elle boude un peu. Il parle dans le sac : Allez, Abondance, ne faites pas votre mauvaise tête, Allez, vous pourriez au moins jeter un œil ! Ah non, c’est vrai, elle en a plus, C’est ça le coté ténébreux de votre regard ! venez que je vous présente, donnez moi la main … il sort la main du sac, lui fait un baise-main puis pose la main sur la table et sort la tête face vers lui : Souriez, Abondance, tous vos fans sont là, profitez-en ! Il tient la tête face au public et les salue de la main, ou présente la main à baiser aux hommes de l’assistance.

Simone : Mais c’est qu’il va me piquer la vedette, hé, dites donc, Monsieur Pierre, vous seriez gentil de retourner d’où vous venez et de me laisser finir mon spectacle, c’est moi la vedette !

Simone essaie de pousser le Néandertalien vers la tente pour qu’il retourne dans sa caverne, il résiste.

Le néandertalien : Oui, oui, j’y vais, mais puisque ces gens sont venus pour l’apéro, je vais leur offrir un petit pastiche, avant de partir :De l’opérette « La vie des cavernes » de Pierre Offenbach, enfin presque.

L’air du néandertalien

2ème couplet de l’air du Brésilien

(1ère note = dernière de la p47 jusqu’à fin de l’air du Brésilient, 2ème mesure page 52)

J’suis néandertalien, j’ai d’l’os,

Comm’ tous les mecs, je m’appelle Pierre,

C’est pour ça qu’on dit « L’âge de Pierre »,

Faut pas nous prendr’ pour des boloss !

Break :

J’suis néandertalien, j’ai d’l’os,

C’est ce qui reste d’ Abondance,

Je tomb’sur vous, j’ai de la chance

On va se partager ses os!

Hourra ! Hourra ! Hourra !

Je viens de débarquer,

Aiguisez vos dentiers les potes !

Hourra ! Hourra ! Hourra !

J’apporte à vos quenottes

Son tas de nonos à ronger.

Son sac est plein,

Prenez, prenez !

Y’a des tibias, des clavicules,

Des fémurs et des mandibules,

Dites-moi ce que vous aimez !

Y en a des gros et des p’ti -i i,

Avec d’la moelle épinère,

Allez, venez mes peti – i – i!

Ne faitent pas de manière,

Mettez-vous ça sous la dent,

Pas besoin qu’elle soit dure,

Je l’ai tuée y a pas longtemps,

Je vous le ju- u-re !

Mettez-vous ça sous la dent,

Mettez-vous ça sous la dent,

Venez, venez, venez, ve-e-nez !

Simone : Dis donc, le Néandertalien, tu reprends ton sac – elle lui donne le sac

Ta femme, tu récupère ses abatits – elle remets les os dans le sac – Tiens, Ton truc à passer le temps – elle lui colle la machine dans les mains

Allez hop, tu retournes d’où tu viens et tu me renvoie mon Papy,

Et plus vite que ça !

Le Néandertalien se réfugie dans la tente. Il pose le sac, entre dans la tente puis tire le sac dans la tente « Abondance, ne traînez pas en route ! »

suite du spectacle de Simone et Gino : chanson : Le temps ne fait rien à l’affaire

une histoire

une chanson

à nouveaux les bruits, agitation dans la tente,

Papy sort de la tente

Simone : Oh ! Mon Papy ! Alors, qu’est qui t’est arrivé ?

Papy : Et bien j’essayais de voir comment il marchait, le truc de m’ame Ginette, tu sais pour prendre un remontant, pour boire un coup, quoi, et puis, j’ai été aspiré par la machine, comme si je tombais dans un puits, c’était tout noir ! Et puis je me suis retrouvé dans une grotte, c’était sombre. Il y avait un feu dans un coin, et puis tout à coté de moi, un type, hirsute, avec une peau de bête, J’ai eu le temps de rien faire, il m’a arraché la machine des mains, il a appuyé sur les boutons, il y a eut le bruit, et il a été aspiré par la machine ! Disparu, envolé !

J’ai regardé tout autour, près du feu, il y avait des os, mais des os, plein … et puis des gens, hirsutes avec des peaux de bêtes, il me regardaient en se léchant les babines ! J’ai eut l’impression d’être au restaurant, mais c’était moi qui était le plat du jour. Ils s’approchaient, j’avais peur, mais j’avais peur, j’ai bien cru qu’ils allaient me bouffer !

Et là, d’un seul coup, l’autre, il est réapparu à coté de moi, il avait la machine dans ses mains, je lui ai piqué vite fait, j’ai appuyé sur tous les boutons, vite vite, et tout à coup, il y a eut le bruit et j’ai été aspiré puis j’ai senti que la machine se refermait derrière moi ! Ouf, et puis je me suis retrouvé dans la tente. J’ai pas tout compris !

Simone : C’était pas une machine à remontant, c’était une machine à remonter le temps ! Et bien dis donc, tu as eut drôlement de la chance, mais je serais toi, la machine, je n’y toucherai plus ! C’est trop dangereux !

Gino : Enfin, en tous cas, ça c’est bien finit, c’était pas la peine de s’en faire, non ? alors, on pourrait peut être terminer avec une chanson ?

en duo Simone et Papy, Gino à la guitare : Dans la vie, faut pas s’en faire.

Lettre ouverte à « l’émission politique ».

Février 2017

Madame Léa Salamé,

Messieurs David Pujadas, François Lenglet, Karim Rissouli

à propos de votre « émission politique » du 23 février dernier.

Ma lettre : https://www.youtube.com/watch?v=qrCd55miHxg

J’avais très mal vécu l’émission où vous receviez Monsieur Mélenchon, je me suis même joint, dans un premier temps, au concert d’aboiements fustigeant vos propos, votre attitude, je vous avait même trouvés abjects, en particulier au sujet des Droits de l’Homme. J’avais aussi, je l’avoue, cherché à faire l’intéressant en ironisant sur la prestation et les chaussures de sport de Monsieur Lenglet, etc …

Et puis quelques jours ont passé, me permettant de prendre du recul, d’examiner plus objectivement les choses, de faire le lien avec d’autres événements, d’autres personnages, d’autres prises de position, et justement, c’est à cela que je voulais en venir.

Votre, (le mot qui me vient naturellement est « camarade » mais je ne sais pas si c’est dans vos usages ni si vous l’êtes réellement, je dirais donc « Votre collègue »), collègue, Christophe Barbier, avait tenté d’attirer notre attention à propos du double meeting, vous savez, celui avec l’hologramme, « trop intellectuel » avait-il décrété. Et moi, j’avais voulu faire le malin en lui répondant sur tweeter « parce que nous sommes trop cons pour comprendre ? ». 

C’est en constatant l’effet produit par votre émission que j’ai compris que Monsieur Barbier avait raison, j’étais trop con ! Je n’avais rien compris ! Il a toute ma gratitude.

Je vous présente toutes mes excuses et mon admiration. Cela faisait des mois et des mois que nous, les insoumis, avec Jean-Luc Mélenchon et son équipe, bâtissions le programme, cherchant des solutions, avec les associations qui œuvrent au jour le jour, que les intellectuels membres du mouvement, si, si, il y en a, beaucoup même ! Certains, comme disait Coluche, ils écrivent des bouquins que nous, les engourdis des neurones, nous ne comprenons même pas le titre ! Et vous savez quoi ? Ils ne nous snobent même pas, ils ne veulent même pas être plus égaux que nous ! Bon excusez-moi, je m’égare. Donc on avait construit le programme, essayé qu’il soit cohérent et compréhensible, Monsieur Mélenchon essayait de faire passer les messages.

Il a beau faire des super meeting, avec de la force, de la conviction, de l’humour, de la réflexion, de la pédagogie, de la culture, et même de la poésie à la fin. Ce n’est pas rien quand même, il se donne du mal. Nous progressions, mais il est vrai que les histoires autour de la primaire du PS ne nous facilitaient pas la tâche. Nous étions coincés, entre Macron d’un coté, Hamon de l’autre,  et puis ceux mis sur la sellette. La moitié des gens qui n’ont pas encore choisi, et bien sûr, la victoire de qui vous savez, annoncée comme inéluctable; et les chiffres des soit-disant sondages, en infraction avec la loi mais publiés quand même. Moi j’étais à deux doigts de me décourager !

  Et puis votre émission qui bouscule tout ! Quelle efficacité ! Le paysage de la Présidentielle, qui s’éclaircit tout à coup, comme quand le brouillard se lève. Je suis impressionné, chapeau !

     Le point point FR, non, pas le poin-poin, c’est pas le canard enchaîné, Le Point.fr, le journal « Le point » version internet, pas Fakir, pas l’Humanité, pas un de nos journaux ! Le journal « Le Point » qui fait un sondage « Pour qui allez-vous voter ? » pas tout à fait un sondage, disons une enquête, une question, sur internet, posée à qui veut répondre. Mais en quelque jours … Waaouuuu ! ! ! comme disent les jeunes ! La première fois, je suis arrivé sur le sondage en suivant un lien, j’ai bien sûr dis que je voterai pour Jean-Luc, et ensuite, on peut voir les résultats. Je ne sais pas quand l’enquête a été lancée :

  • après que 45 600 personnes aient indiqué leur choix : Le Pen 11,8%, Fillon 23%, Macron 15,5%, Hamon 5%, Dupont-Aignan 2,5%, Jean-Luc Mélenchon 27,7%, aucun de ces candidats 14,5%

Déjà, à ce stade, c’était énorme ! Et puis quelques dizaines d’heures plus tard, :

  • après que 77 362 personnes ont indiqué leur choix : Le Pen 10,9%, Fillon 18,2%, Macron 12,9%, Hamon 5,6%, Dupont-Aignan 2,2%, Jean-Luc Mélenchon 35,5%, aucun de ces candidats 14,8%

Ce n’est pas un sondage, l’échantillon n’est pas représentatif, mais 77 362 personnes, ce n’est pas rien, quand même !

C’est là que j’ai compris, enfin, cela m’a fait réfléchir. Je me suis demandé d’où ça pouvait venir, bien sûr, on progressait, on était très content, mais il restait quand même un sacré bout de chemin à faire, et pas moyen d’accélérer, et puis tout à coup, voilà que ça a l’air de s’emballer ? Et en même temps, je repensais votre ‘émission, à Vous, Madame Salamé, avec vos rengaines obsessionnelles, vous changez d’obsession selon les circonstances, mais le procédé reste le même. Un procédé que j’ai déjà rencontré, j’en suis certain, et en plus ça me réconforte, oui c’est encore flou, mais ça remonte du fond de ma mémoire, et c’est agréable, je ne sais pas encore ce que c’est, mais je suis sûr que ça va me faire plaisir!

Et ça y est ! Du bonheur ! Oui, du bonheur ! « Que diable allait-il faire dans cette galère ! »

Je ne parle pas de Jean-Luc Mélenchon, « Que diable allait-il faire dans cette galère ! », je parle de vous, Madame Salamé ! Vous êtes en train de nous jouer les fourberies de Scapin. Votre rengaine : « Mais la Russie ? Monsieur Mélenchon », c’est le « Que diable allait-il faire dans cette galère ! » de Molière !

Bon sang, mais c’est bien sûr ! C’était du théâtre, c’était voulu, c’est du second degré ! Et c’est génial ! Cette idée de traiter par la caricature toutes ces questions imbéciles dont on nous le harcèle habituellement, c’est très fort, c’est de vous ? Chacun écrit son texte ? C’est M’sieur Pujadas ? ou bien il y a un auteur professionnel ? Laurent Baffie, peut-être ? Ou alors toute une équipe, comment on dit maintenant, du scories-telling, c’est ça ? En tous cas, chapeau, vous les avez habillés pour l’hiver, les roquets des médias !

Et puis, sur le plan théâtral, c’est exceptionnel, je me demande même si ce n’est pas cela qui aurait troublé Monsieur Torreton, parce qu’en réalité, vous nous avez joué deux scènes de la même pièce, en même temps ! Et dans une économie de moyen ! Pas de décor, pas d’accessoire, donc, pas de basse-cour effarouchée pour caqueter « Combien ça coute? » ! Et pourtant tout est là ! « Que diable allait-il faire dans cette galère » et la scène du sac et des coups de bâton, et pas du lourdingue, hein, du dépouillé, de l’essentiel, de la quintessence, du théâtre minimaliste, les coups de bâton, sans le bâton ! Sublime !

D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon, dans sa revue de la semaine frôle la vérité, mais ne la perçoit pas totalement, il faut dire qu’il a tout pris au premier degré, et ça lui a fait très mal, on peut comprendre. Pourtant il passe tout près de la vérité quand il dit « ils ont monté une émission anxiogène … », et bien oui, c’est « monté », c’est un spectacle, un peu plus loin, il dit « à la limite, ils m’ont rendu service, c’est tellement grossier, tellement vulgaire, ils se sont tellement pris les pieds dans le tapis … » Oui, mais il ne fallait pas le dire, c’est fait exprès, tous les clowns savent faire semblant de se prendre les pieds dans le tapis, Ils font semblant, c’est un rôle, c’est une pièce qu’ils nous jouent ! Et c’est très fort, en fait ils nous soutiennent mais ils font semblant d’être contre pour mieux faire passer notre message. Et en plus, ils sont drôlement courageux, ils sont près a se faire traiter de tous les noms et à se faire traîner dans la boue par ceux qu’ils soutiennent par en dessous, si c’est pas du dévouement et de l’abnégation, hein ?

Par exemple, Monsieur Lenglet, il a des airs de Mr Loyal, c’est normal, c’est du cirque, dans la pure tradition du cirque familial où chacun avait plusieurs rôles, et lui, il sait tout faire, jongler avec les chiffres, faire disparaître des idées reçues quand il fait apparaître des objets insolites, sortis on ne sait d’où, la paire de pompe, par exemple. Vous avez vu ça ! Il les fait apparaître sur la table, il prononce la formule magique « OnnefabrikplusrienenFrance » suivi de l’autre formule tout aussi magique « vomieukilsrestentpauvsansçailsachètentnimportekoitellementkysontkon», et hop c’est le déclinisme qui passe à la trappe : ah oui, on ne seraient plus capable de faire des godasses en France ! Et avec le déclinisme, passe aussi à la trappe le mépris des pauvres et des petites gens, comme ça, sans l’air d’y toucher, en exagérant juste ce qu’il faut. C’est très fort, en plus le choix de la marque, des « nique », le message est clair, tout le monde comprends assez d’argot pour saisir l’allusion du premier degré, mais il y a encore plus fort, au deuxième degré, il nous dit « le personnage de gros con que je joue devant vous ce soir, il a compris que vous allez gagner, et qu’il va devoir se sauver en courant », en fait il nous encourage. Et en plus, troisième degré, c’est que ces pompes, ils les a pas choisies au hasard, il les a choisies pour offrir à Jean-Luc Mélenchon l’occasion de rappeler que ces marques, ici elles coûtent la peau des fesses à ceux qui les achètent, et là-bas, elles coûtent la peau du dos à ceux qui les fabriquent à coup de trique. Ah, c’est drôlement fort, non ?

Mais pour moi, la palme, c’est quand même m’sieur Pujadas. D’abord, si c’est lui qu’a eut l’idée, chapeau ! Et si en plus, c’est lui qui a écrit tous les textes … Vous croyez pas ?

Mais même sans ça, quand j’ai compris que c’était une mise en scène, j’ai regardé l’émission en replay, en entier, pour être sûr de ne rien rater. Et bien, oui, je dis, le plus fort, c’est m’sieur Pujadas ! Comment il l’a jouée, la scène avec Monsieur Torreton, trop bon ! Monsieur Torreton aussi, il a été bien, mais lui, c’est plus facile, il joue un gentil, et dans la vraie vie, c’en est un, gentil, charmant, cultivé, intelligent, c’est quand même plus facile que le rôle de M’sieur Pujadas, qui lui doit jouer un type abject, méchant, vicieux, c’est pas facile d’être comme ça à contre-nature, mais il a été magistral ! Le moment où il fait semblant de détester Monsieur Torreton parce qu’il ne dirait pas ce qu’il aurait du dire, je me suis laissé prendre ! le regard de haine qu’il lui lance, trop fort ! j’aurais juré qu’il le détestait vraiment !

Ah moi je dis : ça mérite un Molière ! Et en plus, il sait prendre des risque, m’sieur Pujadas, hein ? Il n’a peur de rien ! Parce que, aller chercher un acteur comme Monsieur Torreton sur son propre terrain ! Pour lui donner carrément une leçon de théâtre ! C’est pas donné à tout le monde ! Faut oser !

Et puis quelle efficacité ! Vous avez vu l’enquête du Point, comment Jean-Luc Mélenchon se retrouve seul en tête, oui, je sais c’est pas un sondage, mais rappelez-vous, en 2005 tous les sondages disaient « A part quelques énergumènes, les Français vont dire OUI à une très large majorité ». Ah M’sieur Pujadas, vous l’avez sacrément nettoyé, le paysage politique ! Bon, tout ce que je dis là, en dévoilant votre stratégie, j’espère que ça va pas nuire à votre carrière. Remarquez, je pense que cela vous importe peu, puisque vous croyez à la victoire de M’sieur Mélenchon.

L’air du Néanderthalien

De l’opérette « La vie des cavernes » de Pierre Offenbach, enfin presque.

J’suis néanderthalien, j’ai d’l’os,

Et j’arrive de l’âge de pierre,

Et me voici à La Jonchère,

Je suis venu faire la noce !

Deux fois je suis venu déjà,

J’avais des os plein ma besace,

Des gros, avec d’la moelle grasse,

Combien a duré tout cela ?

Le temps d’avoir deux cents amis

Et d’aimer quatre ou cinq maîtresses

Six mois de galantes ivresses,

Six mois ! Et puis plus rien, fini !

En six mois on a tout croqué

Et puis vers mon Néolithique,

Je suis repartis famélique,

J’avais plus rien, j’étais ruiné !

Mais je brûlais de revenir

Là-bas parmi les bêtes sauvages

Je me répêtais avec rage

Une autre fortune ou mourir !

Je ne suis pas mort, j’ai gagné

Contre ces horibles bestioles

Et je viens pour que l’on me voles

Tout ce que je leur ai volé !

Tout ce que je leur ai volé !

Tout ce que je leur ai volé !…… Ah ……

J’suis néanderthalien, j’ai d’l’os,

Et j’arrive de l’âge de pierre,

Et me voici à La Jonchère,

Je suis venu faire la noce !

J’suis néanderthalien, j’ai d’l’os,

Et j’arrive de l’âge de pierre,

Amis, amis, amis

Amis je vous reviens encore !

Hourra ! Hourra ! Hourra !

Je viens de débarquer,

Ajustez vos dentiers les potes !

Hourra ! Hourra ! Hourra !

J’apporte à vos quenottes

Des tas de nonos à ronger.

Mon sac est plein,

Prenez, prenez !

J’ai des tibias, des clavicules,

Des fémurs et des mandibules,

Dites-moi ce que vous aimez !

J’en ai des gros et des p’ti i is,

Avec d’la moelle épinère,

Allez, venez mes peti – i – its!

Ne faitent pas de manière,

Mettez-vous ça sous la dent,

c’est frais, ça vient d’ ma tanière,

J’les ai tué y a pas longtemps,

Je vous le ju- u-re !

Mettez-vous ça sous la dent,

Mettez-vous ça sous la dent,

Venez, vene

Le chirurgien.

sur l’air de « l’air du major » de la vie parisienne de Jacques Offenbach.

Moi pour combattre l’embonpoint

J’fais des nœuds dans les intestins,

Ou bien je coup’ c’qu’il y a en trop

Et je raccorde les morceaux.

J’m’occupe aussi de leur moral,

Au moyen de l’art théâtral,

La scénette qu’on joue ici,

C’est un patient qui l’a écrit !

Refrain Je suis le héro,

J’ai ça dans la peau,

Dans ma blouse blanche

Il faut que je tranche,

Je taill’ l’intestin

Je suis l’chirurgien,

L’chirurgien !

Et à part d’être mégalo,

Je n’ai vraiment qu’un seul défaut,

Qui soit un p’tit peu embêtant,

Je support’ pas la vue du sang,

Et puis j’avoue que quand j’opère,

J’peux pas non plus voir les viscères,

C’est pour ça que j’ferme les yeux,

les yeux fermés, tâtonner avant de couper

Et pour moi ça va beaucoup mieux !

Refrain Je suis le héro,

J’ai ça dans la peau,

Dans ma blouse blanche

Il faut que je tranche,

Je nourrit mon chien,

Je suis l’chirurgien,

L’chirurgien !

La vengeance (II).

Docteur, je n’étais pas là lors de votre dernière conférence, mais lorsque j’ai appris que vous aviez été agressé par un individu qui vous a traité de menteur, et que, soit disant, vous lui auriez transmis une maladie machin, je sais pas exactement comment ça se dit, tant pis. On m’a dit qu’il était fumasse, qu’il avait la fumée qui lui sortait par les naseaux, tiens, ça me revient, oui, c’est ça, c’est une maladie naseau-commiale !

Mais vous n’auriez pas dû vous laissez faire, Docteur, moi, à votre place, je l’aurais viré, le perturbateur ! D’ailleurs, c’était qui ce type, un de ces m-a-tu-vu, prêt à tout pour faire l’intéressant, vous devriez vous méfier, Docteur, il y en, il feraient n’importe quoi pour se faire remarquer, on m’a dit qu’un jour, il y en avait un qui avait fait du franche-cancan en bas de contention, j’arrive pas à le croire. Y en a qui font vraiment n’importe quoi !

Voilà, alors moi, je suis venu pour vous soutenir, c’est pour ça que j’ai voulu apporter mon témoignage. Le Docteur, c’est pas un menteur !

Quand il dit qu’il reconnaît toujours ses patients, et surtout ses patientes, qu’il n’oublie jamais un visage, un ventre, et le reste aussi, et bien c’est la vérité . Moi je l’ai vu. Une fois, j’étais dans la salle d’attente, j’avais rendez-vous avec lui, alors j’attendais, j’attendais, ah je crois qu’il y en a qui sont déjà venus, me dites pas que vous aussi vous avez attendu des heures … D’ailleurs, il faut saluer au passage les secrétaires du Docteur, parce que, leur boulot, c’est pas facile tous les jours, une fois, il y avait deux patientes qui disaient toutes les deux qu’elles avaient rendez-vous à 17 h 30, j’ai cru qu’elles allaient finir par se battre, et bien heureusement que la secrétaire a pensé à vérifier, il y a en a une qui avait rendez-vous à 17 h 30, la veille, l’autre, c’était l’avant veille ! Heureusement que la secrétaire a pensé à vérifier ! Bon, enfin là, il y a une femme qui est arrivée, ah, je sais pas, peut-être qu’elle avait rendez-vous ce jour là à 17 h 30, elle restait debout, il faut dire que toutes les chaises étaient occupées, remarquez, une salle d’attente, c’est fait pour attendre, quoique, parfois les gens n’attendent pas pour la même chose, par exemple, dans les gares, il y des salles où les gens attendent, au même endroit, mais pas pour la même chose, certain attendent l’arrivée d’un train, d’autres le départ d’un autre, et c’est pas pas les mêmes trains, et aussi, quand ils attendent quelqu’un, un parent, un ami, ils attendent chacun le sien. La seule chose qu’ils ont en commun, c’est qu’ils savent où ils sont, ils connaissent le nom de la ville, ils savent qu’ils sont à la gare, bref, ils ne sont pas perdus, d’ailleurs, c’est pour ça qu’on appelle ça la « salle des pas perdus ». Alors que chez le Doc, tout le monde attends la même chose, enfin je veux dire tout le monde attends la même personne, c’est pas chacun le sien, tout le monde attends …. le Doc, Ah ben aujourd’hui ils sont là, les anciens, d’habitude, y en avait moins, vous vous êtes passé le mot ou quoi ? Ah, je comprends, vous vous dites qu’il va peut être encore y avoir un comique qui va vous faire marrer, Et bien non, c’est la conférence du docteur Sodji, c’est un machin sérieux. Remarquez, si à chaque fois il y a un comique qui vient faire son cirque, l’amphi va pas suffire, il va falloir louer un chapiteau, ou alors le grand théâtre. Bon, la dame, je lui avait proposé ma chaise, oui, à la dame qui venait d’arriver ! Bon, faites un effort, j’en vois qui ne suivent pas, m’obligez pas à répéter, sinon je vais faire attendre le Doc ! Pardon, vous avez dit quoi ? Chacun son tour ? Ah c’est pas moi qui le dit ! Mais elle avait préféré rester debout, la dame, à mon avis, elle le guettait, le doc. Quand il est sortit du bureau, elle s’est avancée « Docteur, vous ne me reconnaissez pas ? » J’ai bien vu qu’il avait hésité un instant, puis il s’est approché, « Bonjour Madame, excusez moi » il se baisse, prends les jupes et les relève. « Ah Lucienne » ! il rabaisse à moitié les jupes pour regarder la femme par dessus « Comment allez-vous ? »

Des fois le doute subsiste : « tournez-vous », il relève les jupes et accompagne la rotation « Suzanne ! vous n’avez pas changé ! Et comment va votre sœur, Lucienne ? ».

Il y en a peut être qui vont dire que le docteur a peut-être triché, par exemple si il a écrit le prénom dans un coin, pas du tout, je vous rappelle que les tatouages, c’est à l’intérieur qu’il les fait, ça ne se voit pas de dehors, et puis il dessine juste un cœur, il n’ajoute pas les prénoms, et puis il n’ajoute pas une flèche non plus. Bon, enfin des tatouages, c’est ce qu’il dit, mais vous avez vu, tout d’abord, l’épaisseur du trait, le tracé approximatif ? Vous l’avez vu comme moi, mais vous avez vu l’encre, les aiguilles ? Et bien, vous ne les avez pas vu, et moi non plus ! moi j’appelle ça plutôt des tags ! J’vous dit qu’il fait ça au brandon ! Oui, avec un bout de bois cramé, et c’est pour ça que ses copains du golf, ils l’ont surnommé « Taggeur Wood » !

Mais ici, dans l’amphi, quatre fois par an, quand il invite tous ceux qu’il a opéré. Il dit que c’est une conférence scientifique, pour donner des explications et pour faire se rencontrer les anciens avec les futurs. Tatata, c’est pas la question ! C’est son coté artiste un peu mégalo ! Ce truc c’est une exposition ! Son exposition ! Une exposition de tatouages !

Ah oui, il y a quand même un défaut, j’oubliais, c’est le vernissage, vous avez vu c’est tintin, c’est circulez, y rien à boire !

Alors, finalement, le type qui était venu la dernière fois, il n’avait peut être pas tout à fait tord. Par exemple, le truc là, la chanson pour réviser l’anatomie, et bien ça peut avoir son utilité, pour pas faire des mélanges, ça vaut mieux. Et surtout pour ne rien oublier, hein, vous imaginez, si vous oubliez quelque chose, hein, genre : tiens c’est quoi ce truc qui dépasse, à quoi ça sert, je sais plus, je me souviens pas, allez hop, couic !

Ah ça y est, ça me revient, zut trop tard ! Ah, c’est ballot !

Ah non, le chien, non ! Rends moi ça tout de suite ! Ho là là, ho là là. Oh, zut encore trop tard ! … Et oui Docteur, on les nourrit à la main, et après ils pensent que tout ce que vous avez dans les mains c’est d’la bouffe, et que c’est pour eux ! Et bien voilà le résultat.

Remarquez, si ça doit finir en procès, il va falloir d’abord faire comparaître le chien, pour complicité, ….. et destruction de preuve ! …. Bon mais je m’égare, ça d’accord, c’était crédible, mais le coup de la blouse qui fait smartphone, ça, c’était un peu gros.

Bon faire communiquer les esprits, que les gens aient l’impression de se comprendre sans avoir besoin de se parler, ça existe, on sait directement ce que les autres pensent, tout le monde se balance d’un pied sur l’autre en hochant la tête au même rythme, ça, ça s »est déjà fait, mais avec un blues, pas avec une blouse !

Quelqu’un tends la fameuse blouse : D’ailleurs, elle est là, sa blouse, il l’ a oublié en partant !

Non, la blouse magique ? Celle qui est branchée sur le wifi du Doc ? Non ! Oh, passez la moi, on lui passe la blouse… .Oui, passez la moi ! Je vais la passer !

Oh, ça alors, on dirait que ça marche, Oh ben oui, docteur, je vous reçoit 5 sur 5. Tiens, vous chantez encore dans votre tête ? Et bien, décidément, c’est vrai que, au fait, si ça se trouve, vous étiez peut être déjà là, à la première conférence du Dr Sodji,non ? Ah ben, oui, j’comprends, et vous chantez quoi cette fois-ci ? Un air d’Offenbach ? ça alors, j’aurais jamais pensé devenir chanteur de blouse !

Mais allez-y docteur, allez-y, je vais répéter après vous pour qu’ils entendent . . .